La généralisation de l'autorisation systématique

Encore un article sur la monétique ! Cette fois, nous allons aborder le sujet des autorisations systématiques. Pour alléger l'article, je parlerai de 'online'. L'idée est de faire un rapide état des lieux de l'utilisation de ce système, aujourd'hui, en France, d'y comparer ses avantages et ses inconvénients.

Paiement mobile

Aujourd'hui, Paylib, Apple Pay et Orange Cash font tous de l'online. Pour Orange Cash, c'était inévitable car c'est un compte prépayé, mais pour les deux autres, la question se pose.
Il faut savoir que ça n'était pas le cas avant (en 2013) pour le paiement mobile des banques historiques.
On voit donc une généralisation de l'online sur le mobile, ce qui n'est pas un simple choix marketing : les acteurs du marché ont majoritairement (hormis Orange, sans surprise) décidé d'abandonner la SIM, et donc ses certifications, pour le HCE, technologie bien moins mâture et sécurisée.

Curve

Le système proposé par Curve est très séduisant : regrouper toutes ses cartes en une seule. Le paiement sur fait toujours sur la même carte, et Curve se charge de débiter le compte de votre choix par débit sur une de vos autres cartes.
Curve
La carte Curve ne sait pas dans quelles conditions la carte dont elle est l'image demande, pour tel ou tel paiement, une autorisation. Par défaut donc, cette carte Curve fait de l'online à 100%.

Notifications et temps réel

N26 est l'acteur majeur aujourd'hui pour ce cas d'usage : être au courant en temps réel, avec une notification push, de chaque paiement, aussi petit soit-il. Le seul moyen pour une banque d'obtenir cette remontée d'information est encore une fois l'autorisation bancaire. Des banques françaises proposent ce service, mais il n'est jamais mis en avant, et est au contraire vu comme une contrainte.

Dans les transports

Même si tous les acteurs ainsi que les utilisateurs souhaitent suivre cette mouvance, on ne peut pas encore s'y fier totalement. Au bar du TGV par exemple, les TPE ne sont jamais connectés (et donc ne peuvent faire fonctionner l'autorisation de paiement). Et même si les trains (et bateaux) pourraient être à court terme raccordés à internet, c'est un peu moins vrai pour les avions.

Une acceptation difficile

La vétusté de l'infrastructure bancaire française provoque ce que l'on peut voir aujourd'hui : des temps d'attente pour l'autorisation bancaire de plusieurs secondes - voire, dans certains cas, de quelques minutes !
Vous l'avez peut-être déjà remarqué, cela se matérialise généralement par un message "autorisation en cours" sur le terminal de paiement, ou bien encore "transpac" lorsque le terminal utilise le réseau téléphonique pour envoyer sa demande d'autorisation.
Côté commerçant, cette connectivité coûte également, pécuniairement. Dans le détail, cela dépend du contrat qu'a accepté le commerçant avec sa banque. Mais de manière générale, les acteurs bancaires ont la belle vie : si l'on prend par exemple un café à 30 centimes dans une machine Selecta, l'entreprise est facturée 5 centimes par autorisation bancaire. On comprends mieux pourquoi de nombreux commerçants n'acceptent la carte qu'à partir d'un montant minimum, même si la plupart abusent sur ce montant.